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Malik ZIDI
Un moment de bonheur
2001 Antoine Santana

2001 - Un moment de bonheur - Réalisation Antoine Santana

Fiche technique : Scénario Antoine Santana, Eric Herbette - Directeur photo Romain Winding, assisté de Philippe Lardon & Jérémie Flaux - Son Michel Vionnet, assisté de Daniel Sobrino - Compositeur Louis Sclavis - Décors Eric Chemel, assisté de Joël Lavrut, Félicité Lefoulon - Costumes Marcos Jatoba - Montage Nadine Verdier, assistée de Célia Lafitedupont - Montage son Daniel Sobrino, Nicolas Cantin, Nicolas Naegelen, Olivier Walczak - Mixage François Hors, Daniel Sobrino - Bruitage Pascal Chauvin - Musique originale Louis Sclavis - Montage musique Gilles Olivesi - Scripte Josiane Morand - Assistants réalisateur Gilles Balezeaux, Sylvie Zajdner, Caroline Laclote - Couleur, 1.85, son SRD, Visa 100.922, nombre de copies France : 25 à 30 - Production : ADR Productions - Production déléguée Alain Rozanès, Pascal Verroust - Directeur de production Catherine Pfister, Jamila Attik, Sandrine Valageas - Distribution Pan Européenne - Ventes internationales Flach Pyramide International / Eric Lagesse - 1h24 - Sortie Paris 06-03-2002

 

Avec Isild Le Besco (Betty), Malik Zidi (Philippe), Vincent Bonnafous (Damien), Catherine Davenier (la mère de Betty), Olivier Gourmet (le père de Betty), Sylvie Testud (l'institutrice), Dominique Valadié (Cécile), Bernard Blancan (Edmond, l'ostréiculteur), Nathalie Bécue (la DRH usine), Catherine Baugué (Muriel), Philippe Fretun (le représentant), Christian Loustau (patron resto), Joël Barc (oncle de Gérard), Yowan le Besco (Gérard), Mathilde Blache (fillette autocar), Philippe Cointin (passager autocar), Joël Lavrut (homme du bar), Gilles Balezeaux (Pierre), Gilles Martinerie (Francesco).

Le sujet : Philippe a 25 ans. Il arrive un matin chez sa soeur à Arcachon. Elle ne l'a pas vu depuis longtemps. C'est un jeune homme qui n'a pas d'attache et à qui on se confie facilement. Il est saisonnier et travaille dans la restauration. Dans l'immeuble de sa soeur, il croise Betty, 20 ans, qui a un petit garçon de 5 ans, Damien. Damien vit avec sa mère, chez les parents de celle-ci. Sa mère l'aime avec une tendresse plus fraternelle que maternelle. Au cours de cette journée, Betty, Philippe et Damien se croiseront à nouveau. Un accident qui aurait dû les séparer changera leur vie...

Remarque : Film en sélection au Festival de Venise

Lien web : Site officiel du film . Le site du costumier Marcos Jatoba

Notes : Le scénario du film a été sélectionné au Festival d'Angers Lectures de premiers scénarios. Il a été lu par Sylvie Testud qui incarne l'institutrice de Damien.

Antoine Santana, le réalisateur, voulait filmer dans un endroit loin des paysages urbains. "Le choix de situer l'action sur la côte Atlantique, à Arcachon, s'est imposé dès les premières lignes du scénario. Betty et Philippe sont deux jeunes provinciaux qui ont la mer devant eux et la terre dans leur dos."  

 

La critique de l'Humanité (édition du 6 mars 2002) : L'âge des possibles

Ancien assistant de Benoît Jacquot, Antoine Santana réalise avec Un moment de bonheur un premier long métrage imparfait et attachant.

Tout commence par un cri déchirant, râle de rage et de désespoir mêlés. Il sort des tripes d'une jeune fille. Elle s'appelle Betty (Isild Le Besco) et semble se trouver seule sur une île. Elle hurle un prénom. Même si l'on ignore les raisons de son désarroi, on comprend très vite qu'il s'agit de Damien (Vincent Bonnafous), son petit garçon de cinq ans. Betty habite chez ses parents. Lasse des réprimandes incessantes de son père (Olivier Gourmet), la jeune femme de vingt ans s'est résignée à travailler à l'usine et à se trouver son propre appartement. Bien que mère, elle n'en assume que partiellement le rôle. Damien apparaît davantage comme un petit frère que comme son véritable enfant. Dans son immeuble, la jeune femme croise Philippe (Malik Zidi), séduisant jeune homme, arrivé le matin chez sa soeur. L'échange, très bref, n'en demeure pas moins significatif de sentiments naissants. Quelques heures plus tard, lorsqu'ils se rencontrent à nouveau dans la rue, la vie des deux jeunes adultes a basculé. Philippe, contraint de fuir suite à une violente altercation, a renversé un enfant au volant d'une voiture volée. Désemparé, il a laissé le gamin inanimé sur la voie publique. Il ne le sait pas mais sa victime c'est Damien. La jeune mère ne se doute pas de l'accident qui a touché son fils. Elle est séduite par ce jeune homme au visage angélique doté d'un sens de l'écoute étonnamment développé. Très vite, leurs corps se rapprochent. Pendant ce temps, les parents de Betty cherchent désespérément à la prévenir du drame.

Pour son premier long métrage, Antoine Santana, ancien assistant de Benoît Jacquot, travaille sur le temps. Le récit de cette " journée particulière " est volontairement débarrassé de linéarité. C'est par des flash-back que le cinéaste démêle les fils de son histoire. Peut-être en abuse-t-il car la construction devient parfois bancale. En outre, il y a dans la surexposition des visages des deux personnages principaux, dans les plans récurrents sur les hurlements de Betty filmés sous différents angles, des effets gratuits légèrement agaçants. Reste qu'Un moment de bonheur demeure une ouvre très attachante. Par le rapport entretenu par Antoine Santana avec l'espace et le milieu naturel - Arcachon et la côte Atlantique - qui ressemble à une lettre d'amour en images tant le cinéaste magnifie le paysage. Ensuite, par la brochette d'acteurs convaincants qu'il a réunis. Isild Le Besco, enfant-femme plus que femme-enfant, trop tôt projetée dans l'âge adulte par une grossesse qu'on devine solitaire et non désirée. Dans un rôle secondaire, Olivier Gourmet, splendide père rugueux, ouvrier dur au mal, incapable de comprendre sa fille qui lui ressemble si peu, laisse, à chacune de ses courtes apparitions, une empreinte indélébile. Enfin, Malik Zidi, découvert chez Ozon (Gouttes d'eau sur pierres brûlantes), sait parfaitement faire évoluer son personnage. Jeune homme lunaire au début, il devient voleur quasi contraint et chauffard par accident avant de se muer en amoureux transi. Antoine Santana a surtout su ancrer cette histoire d'amour dans un environnement social en mutation. La hiérarchisation du travail anciennement acceptée est devenue ici synonyme d'avilissement pour ses jeunes personnages. Pourtant, ses personnages ne cherchent pas la rupture avec le corps social. Ils veulent simplement s'affranchir de contraintes perçues comme insupportables afin de se donner pleinement à ceux qu'ils désirent.

Michaël Melinard

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