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Malik ZIDI
Un monde presque paisible
2002 Michel Deville

 

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2002 - Un monde presque paisible - Réalisation Michel Deville

Titre anglais : Almost peaceful

Fiche technique : Scénario Rosalinde Deville, Michel Deville - D'après l'oeuvre de Robert Bober "Quoi de neuf sur la guerre ?" - Directeur photo André Diot - Cadreur Laurent Dhainaut - Son Thierry Delor, Jean Minondo - Chef décorateur Arnaud de Moléron - Costumier Madeline Fontaine - Monteur Andréa Sedlackova - Montage son Thomas Desjonquières - Compositeur Giovanni Bottesini - Producteur Rosalinde Deville - Production Eléfilm / Rosalinde Deville - Distribution Les Films du Losange - 1h 33 - Avant-première le 16-12-2002 à l'UGC Les Halles à Paris - Sortie Paris 18-12-2002 ; sortie Belgique 05-03-2003.

Avec Simon Abkarian (Monsieur Albert), Lubna Azabal (Jacqueline), Zabou Breitman (Léa), Clotilde Courau (Simone), Vincent Elbaz (Léon), Malik Zidi (Joseph), Stanislas Merhar (Maurice), Julie Gayet (Madame Andrée), Denis Podalydès (Charles), Judith D'Aléazzo (Mme Himmelfarb), Bernard Ballet (Wasserman),Stéphane Bientz (moniteur amoureux), Hervé Briaux (le propriétaire), François Clavier (le commissaire), Pierre Diot (le fasciste du café), Eric Laugérias (avocat), Laurence Masliah (directrice de la colonie), Sylvie Milhaud (Mme Sarah), Bruce Myers (le roi de la forêt et le vieux tailleur). 

Le sujet : En août 1946, à Paris, dans le quartier des tailleurs juifs, un atelier de confection pour dames décide de reprendre ses activités sans prévoir les éventuels problèmes que cela peut poser. Fragilisés à l'extrême mais déterminés à être là, résistants, quatre femmes, cinq hommes et quelques enfants font le pari de la vie avec de la fantaisie, de la légèreté. Ce sont des gens ordinaires, ce sont des gens admirables...

Récompenses :

* Festival International des Femmes au Cinéma de Bordeaux, 2002 : Mention spéciale à Michel Deville.
* Sélection officielle au Festival du film de Venise (Italie), 5 septembre 2002 : Michel Deville nominé pour le Lion d'Or.

 

La critique de L'Humanité : Les lendemains qui chantent (Article paru dans l'édition du 18 décembre 2002).

De nombreux films ont évoqué l'Occupation ou la Libération. Bien peu se sont penchés sur la période qui suit, quand la vie reprend ses droits. C'est pourtant le thème du livre de Robert Bober, Quoi de neuf sur la guerre ? paru en 1993 chez POL, que Michel Deville vient de choisir de porter à l'écran. Nous sommes à Paris, quartier du Sentier, en août 1946, dans l'atelier de confection pour dames d'une famille juive. Il y a là le patron appelé monsieur Albert (Simon Abkarian), son épouse Léa (Zabou Breitman), un des employés, Charles (Denis Podalydès), pour n'évoquer que quelques figures parmi la dizaine - quatre femmes, cinq hommes et des enfants - animant de façon pittoresque mais pudique ce microcosme qui renoue avec le cinéma français de l'époque, celui de René Clair ou Julien Duvivier. Inutile de chercher là le drame. Nous sommes dans le quotidien, les joies et les pleurs de tous les jours.

Imaginez une vaste pièce bien éclairée, quelques machines à coudre, de minces réserves d'étoffe, le modeste appartement contingent, une rue, un café, un square, le petit hôtel Angers tout proche et vous y êtes. C'est là que vivent nos personnages. On travaille sans compter sa peine pour un revenu qui exclut les folies, mais dans une convivialité qui, si elle favorise les tiraillements, est à échelle humaine. On se connaît, on se parle, on se confie ou pas, on s'engueule, on se réconcilie, on se désire. Robert Bober, né à Berlin, allait sur ses quinze ans au moment où se déroule l'action et c'est un peu l'histoire des siens qu'il raconte, réfugiés à Paris et tentant leur chance dans la couture. La principale différence entre la vie de l'auteur et son livre est qu'aucun des simples héros ici dépeints n'est porteur d'aspirations dépassant sa condition sociale, là où le jeune Bober rêve déjà d'entrer dans le cinéma, ce à quoi il parviendra. Rappelons que, outre les livres qui l'ont fait connaître du grand public, il fut deuxième assistant de François Truffaut sur les Quatre Cents coups, avant de réaliser une centaine de documentaires, principalement pour la télévision.

À quelques mois près, Michel Deville a exactement l'âge de Robert Bober. La concomitance dans le souvenir et la communion dans le cinéma ne sont évidemment pas nécessaires pour se retrouver en phase, mais cela n'a pu qu'aider. Pour évoquer l'époque, Michel Deville a trempé son pinceau dans une palette impressionniste. Des couleurs délavées, nostalgiques aurait-on envie de dire, rendent justice au beau travail de décors d'Arnaud de Moleron et de costumes de Madeline Fontaine. La distribution est impeccable qui réunit, outre ceux déjà cités, Lubna Azabal, Clotilde Coureau, Vincent Elbaz, Julie Gayet, Stanislas Merhar et Malik Zidi. Comme toujours chez le cinéaste, la musique est essentielle, laissant cette fois la place d'honneur à la contrebasse, à partir de trois pièces de Giovanni Bottesini, compositeur baroque du dix-neuvième siècle. Pour autant, il ne faudrait pas croire que nous sommes dans une sorte de rétro poisseux. Ce film qui rend hommage à hier est aussi d'aujourd'hui, ne serait-ce que dans le format moderne de l'écran ou l'emploi du son Dolby. On le savourera d'une papille appréciative.

Profitons de cette tribune pour signaler aussi qu'on s'est régalé à la lecture de Rien n'est sûr, recueil contenant les derniers poèmes de Michel Deville. Comme dans les volumes précédents, le metteur en scène y joue sur les mots avec un bonheur constant. Citons pour la bonne bouche le faire-part de décès de madame Freud, née Vrose !

J.Roy

Rien n'est sûr, poèmes de Michel Deville. Le Cherche Midi. 96 pages. 12 euros.

Lire aussi le volume que la revue Études cinématographiques vient de consacrer au cinéaste. Lettres modernes Minard. 302 pages. 27 euros.

Lu dans la presse :

Le Parisien - Alain Grasset  "Un film qui raconte avec une immense douceur la lente réadaptation à la vie".

Télé Ciné Obs - Elodie Lepage "Entourée d'une belle brochette de comédiens, Zabou Breitman mène la danse tout en nuances".

Les Echos - Annie Coppermann  "Tous très justes, ils contribuent à faire de ce petit film intimiste (...), une oeuvre à la fois hautement estimable (...) et terriblement émouvante, rappelant utilement une histoire que les intéressés eux-mêmes ont longtemps voulu cacher, et qu'il ne faut surtout pas oublier".

Figaroscope - Marie-Noëlle Tranchant  "Une petite ode au courage de revivre".

Télérama - Pierre Murat  "Ici, les efforts de ses personnages sont doux et fragiles ú un rien trop, peut-être. A l'image d'une mise en scène si discrète qu'elle pourra passer pour insignifiante aux yeux de certains. On peut, certes, préférer le Deville passionné de Raphaël ou le Débauché, surréaliste du Paltoquet ou libertin de La Lectrice. Mais on ne saurait lui reprocher son goût nouveau pour l'espoir. La victoire - évidemment provisoire - d'un monde presque paisible".

Le Monde - Samuel Blumenfeld  "Oeuvre chorale soutenue par des comédiens remarquables, le film de Michel Deville avance par touches successives".

Positif - Yann Tobin  "La mise en scène déploie une magie discrète et sensible (...)".

Le Point - François-Guillaume Lorrain  "Pour adapter " Quoi de neuf sur la guerre ? ", chef-d'oeuvre d'humour et de sensibilité de Robert Bober, Deville, adepte des films choraux, a pris le parti de la suggestion et de la fausse légèreté afin de mieux restituer les multiples nuances d'une partition pudique. Certes pertinent, ce choix de ne jamais insister tourne parfois au procédé et finit par nuire aux sentiments de ces nombreux - trop nombreux ? - protagonistes sur lesquels on passe un peu trop vite".

L'Express - Christophe Carrière  "Il est étrangement dommage de voir un scénario bourré d'émotion (d'après le roman de Robert Bober, Quoi de neuf sur la guerre? chez POL) perdre à l'écran son impact bouleversant. Comme si le film péchait par une construction et une mise en scène trop réfléchies pour laisser place à quelque débordement sentimental".

Le Figaro - Marie-Noëlle Tranchant  "Le film a quelque chose d'un peu naïvement pittoresque et théâtral, avec ses décors et ses costumes soigneusement d'époque, ses anecdotes illustratives".

Les Inrockuptibles - Serge Kaganski  "Un film qui manque d'ampleur, sur un sujet traité avec tact et sensibilité".

Monsieur Cinéma - Jean-Luc Brunet  "Michel Deville signe un film pudique et en demi-teintes auquel ne manque qu'une petite étincelle de vie et de passion pour nous convaincre pleinement".

Objectif Cinéma - Lydie Ferran  "Il se place dans un entre-deux déconcertant, déjà au niveau du style, de l'esthétique donc, comme s'il ne savait choisir entre fidélité à la réalité, reconstitution historique et narration plus intime, bouleversante, voire même poétique... comme s'il n'osait pas le fond et la forme du propos (...). Mais l'essentiel n'est pas perdu puisque "Un Monde presque paisible" nous donne l'envie malgré tout, de revenir au livre initial de Robert Bober qui l'a inspiré".

Première - Olivier De Bruyn  "Certaines pistes captivent, mais à peine a-t-on eu le temps de s'y intéresser que la caméra traque déjà d'autres microrécits, bien plus anecdotiques. Frustrant".

Studio - Jean-Pierre Lavoignat  "Michel Deville a juste manqué un peu de folie, un peu de désordre, un peu d'accidents à ce parcours trop bien fléché, mais pas dénué de charme".

Ciné Live - Xavier Leherpeur  "Deville filme le retour à la vie des rescapés des camps de concentration. Trop appliqué, insistant, son film manque de souffle et de spontanéité".

 

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