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Malik ZIDI
2006 - Les Zygs
Réalisation Jacques Fansten

 

TV - 2006 - Les Zygs (Le secret des disparus) - Réalisation Jacques Fansten

Scénario Jacques Fansten - Dialogues Jacques Fansten, Gérard Carré - Directeur photo et cadreur Bertrand Mouly - Chef op son Francis Baldos - Musique Jean-Marie Sénia - Mixage Franz Weber - Décor Philippe Hezard - Montage André et Claudine Chaudagne - Produit par Jérôme Minet et Nora Melhli - Production Studio International - Coproduction RTL-TVI, BE Films : L'îlot Films ; France 2 ; Centre National de la Cinématographie, Région Provence Alpes Côte d'Azur, Région Ile-de-France - 2 x 1h40

Diffusions-TV : France 2, les mardi 15 et mercredi 16-5-2007 (20h55)

Avec Claire Borotra (Anne Collin), Malik Zidi (Jean / Béjean), Sonia Rolland (Lise / Bélise), Jacques Bonnaffé (Laugier / Bébernard), Clémence Boué (Marie), Jacques Denis (Berzholt), Virginie Desarnauts (Béclaire), Vanessa Larré (Luce / Béluce), Vladimir Yordanoff (Corbin), François Marthouret (Michel)

Avec également (épisode 1) : Xavier de Guillebon (Julien), Anne Dalonis (Bélene), Fabrice Talon (Bépaul), Marianne Pujas (Bestelle), Sébastien Bonnet (André), Francis Boyes (Jimmy)

Avec également (épisode 2) : Benoît Giros (Marc), Pierre Diot (Platski), Paul Bandey (Gordon Swell), Titouan Laporte (Adrien / Badrien), Eléonore Pourriat (Laure), Claude Sérillon (Carbonieux)

Et Esteban Carvajal-Alegria (Antoine), Jean-Yves Chilot, Arnaud Klein, Xavier Laurent


Malik Zidi dans "Les Zygs" - Cliquez pour agrandir !

Le sujet :

Episode 1 : Il a suffi d'une erreur médicale pour qu'Anne Colin se retrouve dans un monde absurde. Quand elle se réveille d'une anesthésie, on la prend visiblement pour une autre, on panique, on parle de "l'effacer". Elle va réussir à s'enfuir et survivre, un temps, cachée dans les forêts et les grottes d'une île étrange. Les habitants de cette île, les "zygs" se croient dans une sorte de paradis sur terre. On y est nourri, soigné, protégé, on ne fait rien d'autre que de prendre ses plaisirs. De temps en temps, quelques uns d'entre eux disparaissent. En général, on ne les revoit plus. Parfois, ils reviennent, malades ou estropiés. Personne ne sait ce qui leur est arrivé, et personne ne s'en préoccupe… Jusqu'à ce que l'un d'eux, Béjean, ne se mette à chercher partout celle dont il n'aurait jamais dû tomber amoureux...

Episode 2 : Les deux fuyards qui ont décidé de quitter l'île des Zygs sont toujours poursuivis. Pour eux, la situation se complique. Et Anne continue de passer pour morte. La révolte semble sur le point de bouleverser le quotidien de l'île. Car certains Zygs commencent à se poser des questions. Même le clone du professeur Laugier demande à obtenir son autonomie. De son côté, Béjean veut prendre contact avec Jean Vermontier. Or, les dirigeants de la SASH le surveillent de près. Procédant de façon intelligente, Béjean parvient à rencontrer Lise, le double de Bélise, la femme qu'il aime. Extrêmement troublé, il comprend que, grâce à elle, il va pouvoir entrer en relation avec Vermontier. Mais celui-ci acceptera-t-il de se battre aux côtés de son clone ?...

 

Les personnages :

Anne (Claire Borotra) :

Bien malgré elle, Anne Colin est le premier grain de sable à s'immiscer dans la mécanique pourtant parfaitement huilée de la SASH. A l'origine, une erreur "humaine" - terrible ironie du sort, au pays des clones : Anne se retrouve à la place de Banne, ce double clandestin dont elle n'aurait jamais dû apprendre l'existence. La voilà donc, après un accident de voiture, dans cette pièce aseptisée qui ressemble tant et si peu à une chambre d'hôpital. Autour d'elle, des hommes en blouse paniquent. On parle de "l'effacer". Elle parvient à s'enfuir in extremis et découvre, à l'extérieur, l'angoissante réalité des zygs. Dès lors, elle n'aura de cesse de faire éclater la vérité. Sa rencontre avec Béjean va être déterminante. Mais seront-ils assez forts pour défi er tout un système ?

Jean / Béjean (Malik Zidi) :

Il ne se doutait pas qu'il allait commettre l'irréparable, mais en tombant amoureux, Béjean met soudain à mal tout le programme SASH. Quoi ! Un zyg qui éprouve un sentiment ? Impossible. Et pourtant… Le jour où il est séparé de Bélise, Béjean est prêt à tout pour la retrouver. Alors, pour la première fois de son existence si confortable, il désobéit, fugue, espionne, fouine. Jusqu'à découvrir l'envers du décor. Lui qui croyait vivre au paradis sur terre ! Avec l'aide d'Anne Colin, également en fuite, il va devoir faire face à la vérité. Là-bas, quelque part, un avocat sans scrupules prénommé Jean partage le même patrimoine génétique que lui, c'est son "référent". Saura-t-il aider Béjean dans sa quête ? Sera-t-il aussi rebelle que son clone ?

Lise / Bélise (Sonia Rolland)

Celle par qui, indirectement, le scandale arrive. Bélise est loin d'imaginer les bouleversements qu'elle provoque chez son complice Béjean qu'elle aime depuis l'enfance. Elle ne comprend pas bien ce qui se passe, ni surtout pourquoi elle devient soudain aussi gênante pour les fonctionnels. Et hop ! à la jachère ! Béjean, lui, s'enfuit en promettant de revenir la secourir. Il retrouve alors Lise, son modèle, surprise et déroutée par l'intrusion soudaine de cet "amoureux". Infi rmière dévouée, Lise soigne les plus démunis, luttant à sa manière contre la médecine à deux vitesses qu'encourage la SASH. Peut-être fuit-elle aussi, dans cet engagement humanitaire, un héritage encombrant…

Laugier / Bébernard (Jacques Bonnaffé)

Le professeur Laugier n'est pas tout à fait un fonctionnel comme les autres. Il s'habille, s'exprime, se comporte différemment. Avec les zygs, il est plus avenant, plus doux, plus patient. Il semble être le seul à vraiment s'intéresser à eux, à ce qu'ils font, à ce qu'ils disent, et…, désormais, à ce qu'ils ressentent. Le cas de Béjean - un clone amoureux ! - le passionne. Voilà qui valide toutes ses recherches et confirme ses espoirs les plus fous. Car, dans le secret de son bungalow privé, Laugier mène une expérience encore plus incroyable, encore plus inavouable : il vit avec son propre clone. Bébernard est un zyg autonome, intelligent, sensible, cultivé… trop, peut-être ? Décidemment, le professeur Laugier n'est pas un fonctionnel comme les autres.

 

Corbin (Wladimir Yordanoff)

Mauvaise journée pour Corbin, le fonctionnel responsable de l'île : non seulement une zyg a fugué, mais en plus ce n'est pas une zyg ! "Le dérapage initial ne vient pas de chez nous…", tente-t-il de justifi er auprès de la SASH. Berzholt, le directeur de la sécurité, menace de le renvoyer dans son "trois étoiles d'origine", la prison où, comme tous les fonctionnels, il purgeait une peine incompressible. Pour couronner le tout, voilà que Béjean s'agite et entraîne certains zygs à sa suite. Coûte que coûte, Corbin doit rétablir l'ordre. Faut-il employer la manière forte (le protocole de terrorisation) ou la ruse ? Corbin choisit de s'appuyer sur Béclaire, sa petite protégée qu'il visite la nuit en secret...

Béclaire (Virginie Desarnauts)

Béclaire ne comprend rien à l'entêtement soudain de son ami Béjean. Elle va le suivre, mi-jalouse mi-curieuse, pour tenter d'y voir plus clair. Mais quand il la force à désobéir, qu'il l'entraîne avec d'autres dans la nuit, qu'il lui parle de jachère, de cicatrices et de nombril, vraiment ça devient trop compliqué. On dit que les logues savent tout. Ils vont la punir, c'est sûr. Heureusement, elle peut compter sur Corbin…

Marie Legaret (Clémence Boué)

Au cours des regrettables événements qui agitent l'île, Marie Legaret, directrice déléguée auprès de la présidence de la SASH, est envoyée en renfort pour suppléer Corbin. Après ses études, cette brillante fonctionnaire a choisi de servir la SASH, en l'honneur de son père, un grand chercheur. Un père absent qu'elle admire tant, "combattant infatigable du progrès humain". Enfi n, c'est ce qu'elle croit jusqu'à son arrivée sur l'île…

 

Interview Jacques Fansten, coscénariste et réalisateur

Fallait-il un cerveau tordu pour imaginer une histoire aussi folle que celle des Zygs ? A priori, Jacques Fansten ne présente aucun symptôme alarmant. Juste une conviction à toute épreuve, un souci constant de l'harmonie et un sens aigu de l'engagement, dont ses nombreux films et téléfilms portent la tendre marque (Le Petit Marcel, La Fracture du Myocarde, Les Lendemains qui chantent, Le Frangin d'Amérique). Rencontre.

Quel a été le point de départ des Zygs ? Il est toujours compliqué de savoir exactement d'où vient l'idée d'un film. Disons que j'ai toujours été passionné par la science et par les problèmes éthiques qu'elle soulève et que je me suis retrouvé complètement fasciné par la question du clonage. Aujourd'hui, l'idée paranoïaque propre à la science-fiction - "et si un jour on s'apercevait qu'on n'est que de simples outils" - prend un sens particulier avec l'évolution des techniques de clonage. Je suis parti de là… Imaginons des personnes vivant dans ce qu'ils croient être un paradis sur terre et qui découvrent qu'ils ne sont que des objets aux mains des plus riches de la planète.

Les Zygs, c'est l'histoire de leur quête d'identité et de vérité, c'est l'histoire de leur révolte. J'aime présenter ce film comme une sorte de rencontre de Spartacus avec X-files !

Les Zygs aborde de nombreuses questions actuelles… Je crois que, au sens le plus noble, le plus simple, du terme, Les Zygs est un film politique - de la même manière que Spartacus en était un. Chaque situation pose, au passage, des questions sur l'identité, la justice, l'égalité... Mais aussi, nous avons tenté d'aborder des thématiques qui nous semblent importantes : la médecine à deux vitesses, la place du pouvoir, la manipulation des grands médias, etc. Ou encore la question de l'inné et de l'acquis. Pour autant, je n'ai pas envie de faire la leçon, je n'ai pas les réponses. C'est ce qui m'a paru passionnant : avec le clonage, tous les repères se dérobent, tout devient troublant. Les Zygs ne touche qu'au centième de ces questions. D'ailleurs, pour être franc, nous en réservons pour une éventuelle suite...

Vous êtes même allé jusqu'à réinventer une langue, une religion… Nous nous sommes dit : si demain nous devions créer un monde, nous lui inventerions des règles simples inspirées des nôtres. Les zygs ont ainsi un vocabulaire accessible mais limité. Les personnes qui s'occupent d'eux sont des "fonctionnels". Ils doivent boire tous les soirs leur "juvence". Ils ont grandi dans une "mômerie". Quand un zyg devient gênant on "l'efface" et on le met dans un lieu qui s'appelle "la jachère". Voilà… C'était un régal d'écriture. Très excitant, très amusant. De même, puisque l'on veut que les zygs se tiennent à carreau, qu'ils restent sages, "on" leur a inventé une religion, qui peut apparaître comme une grossière caricature des nôtres mais qui dévoile clairement ses fonctions et ses intentions. Par contre, quand Béjean s'échappe, il devient un véritable Messie pour ceux qui restent sur l'île. Ils attendent son retour et se rassemblent en son nom. Bref, ils se créent leur propre croyance. Voilà encore de la matière à gamberge !

Comment avez-vous fait pour "cloner" Malik Zidi et les autres ? Les effets spéciaux ont représenté un véritable casse-tête ! Le plus simple pour faire jouer un comédien face à son double est de tourner en plan fixe, en gardant les personnages loin l'un de l'autre. L'acteur joue le premier rôle puis le second et on "mélange" numériquement, sans trop de difficulté, les deux images.

Mais ce n'était pas ce que nous voulions faire ! Ainsi, dès le départ, mon parti pris général était de filmer en plan séquence, caméra à l'épaule. Je n'allais pas interrompre cette fluidité dès qu'un personnage devait être confronté à son clone. Le film en aurait été totalement déséquilibré. Il y a donc eu de longues discussions avec François Brigouleix, le responsable des effets spéciaux, pour résoudre ce problème au coup par coup. Les solutions ont été diverses mais, souvent, chaque acteur jouait face à sa doublure (on a fait appel au prothésiste Fabrice Herbet pour préparer les ressemblances), puis on refaisait systématiquement la scène "à l'identique" - si tant est que cela soit possible avec des plans à l'épaule - en inversant les rôles. Puis à vide. Parfois aussi nous devions refaire des détails. François Brigouleix a fait un travail long et extraordinaire pour que tout ça se mélange. Il y a en tout une quarantaine de plans truqués, chacun représentant une difficulté spécifique qu'il a admirablement contournée. Non seulement, deux clones cohabitent dans la même image, mais en plus ils se touchent, ils se battent parfois et même, dans le cas de Jacques Bonnaffé, ils s'embrassent ! Au final, les effets spéciaux s'intègrent dans l'action, sans ostentation, sans "la ramener". C'était là notre ambition.

 

Le dictionnaire-Zygs :

EFFACER v. tr. : Faire disparaître un zyg devenu gênant ou inutile par l'injection d'un poison bleu qui provoque une rupture d'anévrisme. Voir également jachère.

FONCTIONNEL n. m. : Personne en charge de la surveillance des zygs. Un fonctionnel purge en fait une peine incompressible de prison. En échange de sa participation clandestine au programme de la SASH, sa famille se voit offrir avantages et protection.

JUVENCE n. f. : Elixir narcotique de couleur rose, prescrit aux zygs tous les soirs. Gare à celui qui ne boit pas sa juvence !

JACHÈRE n. f. : Etablissement destiné à accueillir les zygs effacés pour maintenir en état leurs fonctions vitales. Voir également effacer.

LOGUE n. m. : Les logues voient tout. Les logues savent tout. Mais qui sont les logues ?

MÔMERIE n.f. : Etablissement où sont élevés les zygs jusqu'à l'âge adulte.

SASH : Société pour l'amélioration de la santé humaine, qui s'est vu confier l'encadrement éthique de toute recherche ou expérimentation sur les formes rudimentaires reproductibles du vivant. La SASH est au service de la science, au service des hommes.

TERRORISATION n. f. : Le protocole de terrorisation est une mesure d'urgence, comprenant un culte religieux, mise en place dans les cas, rarissimes, où il viendrait aux zygs l'idée de ne plus être sages.

ZYG n. m. : Individu formé à partir de la première cellule souche (appelée également zygote) d'une personne ayant souscrit à un contrat SASH. Le zyg vit en communauté, dans un confort simple et heureux. Signe particulier : absence de nombril.

 

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